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L’entreprise et la neutralité carbone
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L’entreprise et la neutralité carbone

La lutte contre le réchauffement climatique passe par les engagements internationaux en faveur du climat, par des combats quotidiens contre l’effet de serre et les émissions de CO2 (dioxyde de carbone), et par toutes les actions que promeuvent l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et les associations et ONG qui militent pour des politiques environnementales plus responsables.

Comment les entreprises peuvent-elles participer, elles aussi, à cet effort ?  A l’occasion des travaux du CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental) sur le passage à la « neutralité carbone » des TPE/PME, Valoxy, cabinet d’expertise comptable dans les Hauts de France, fait le point sur la question.

Des températures toujours plus hautes

Durant l’été 2018, en France, la température moyenne a été supérieure de près de 2°C à la normale, plaçant cet été parmi les plus chauds depuis plus d’un siècle, comme à Lille en Juillet. Et les vagues de chaleur de ce type, expression des dérèglements climatiques, sont amenées à se multiplier et à s’amplifier.

L’Accord de Paris, négocié en 2015, liste des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour tendre vers une neutralité carbone au milieu du siècle, et limiter la hausse des températures globales sous les 2°C. C’est ce que demandent aussi les scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Cet immense défi requiert la participation de tous les acteurs de la société, à tous les niveaux, et les entreprises sont invitées à se joindre à cette mobilisation pour diminuer leur empreinte carbone.

 

Qu’est-ce que l’empreinte carbone ?

L’empreinte carbone, c’est la quantité de carbone (généralement exprimée en tonnes)  rejetée dans l’atmosphère par une personne, une organisation, ou une entreprise au travers de sa consommation en énergie(s) et en matières premières.

C’est donc la mesure du volume de CO2 (dioxyde de carbone) émis par la combustion d’énergies fossiles. (Pour mémoire, en moyenne, l’émission de CO2 d’un ménage français est de 16,4 tonnes par an).


Qu’est-ce que la neutralité carbone ?

La neutralité carbone est le fait, pour une entité donnée (un pays, mais aussi une entreprise, une ville, une école, etc.), soit de ne pas émettre de gaz à effet de serre (GES), soit d’en absorber autant qu’elle en émet.

 

Le rôle de tous les acteurs

L’objectif de neutralité devra s’imposer à tous les secteurs d’activité, toutes les branches industrielles, et à toutes les tailles d’entreprises. Pourtant, une majorité d’entreprises n’ont pas encore démarré ce chantier, notamment parce que le cadre législatif et réglementaire actuel n’est pas toujours adapté aux contraintes des petites et moyennes entreprises.

Or les PME et TPE représentent en France 99 % des entreprises et près de 50 % des salariés. Il est donc primordial qu’elles participent massivement à cet enjeu, afin de faire face à ce défi. Pour les aider, des mesures et des politiques adaptées devront être déployées, afin que ce changement ne nuise pas à leur compétitivité.

En concertation avec elles, et à leur niveau, le CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental) a réalisé un travail transversal, et interviewé des centaines de chefs d’entreprise pour sensibiliser aux questions environnementales, initier une mutation vers la « neutralité carbone », réfléchir à de nouveaux modèles de développement, pour s’adapter et se réinventer. Il a présenté des solutions concrètes lors de sa Séance plénière du 11 septembre 2018.

.Ainsi le CESE a décliné les actions possibles pour viser une diminution de l’empreinte carbone des PME et TPE :

  • Sensibiliser les chefs d’entreprise,
  • Appuyer les réseaux locaux d’entreprises,
  • Favoriser la coopération entre donneurs d’ordres et sous-traitants,
  • Développer les incitations financières pour les produits « bas carbone » ou recyclés,
  • Associer tous les acteurs d’une même branche d’activité pour définir les produits répondant aux critères bas carbone,
  • Expérimenter la TVA réduite pour les produits bas carbone ou recyclés,
  • Généraliser des labels pour les produits les plus intenses en émissions de CO2
  • Simplifier l’accès aux équipements et aux fournitures les moins émettrices en GES


Concrètement, que peuvent faire les entreprises ?

Calculées en équivalent CO2, les émissions de GES (gaz à effet de serre) sont dues à l’utilisation des énergies fossiles par les entreprises (transports, procédés industriels, chauffage, éclairage, etc.).

Même si elles n’ont pas toutes le même impact, de nombreuses actions ont un effet positif, alors, concrètement, que peuvent faire les entreprises ?

  • Analyser leurs émissions de GES (l’ADEME, Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, participe aux frais jusqu’à 70%) pour permettre de mieux cibler les sources potentielles d’économies,
  • Améliorer la performance énergétique de leurs bâtiments (notamment ceux à usage tertiaire), de leurs machines ou leurs procédés (pour les industriels), pour diminuer leur consommation,
  • Réorienter leur approvisionnement énergétique au profit d’énergies « vertes », c’est à dire renouvelables (chaufferie biomasse, méthanisation, réseaux de chaleur bas carbone, panneaux photovoltaïques, éoliennes, etc.). Dans la pratique, les PME vont surtout prendre un abonnement adapté chez un fournisseur d’énergie (gaz et surtout électricité) d’origine renouvelable (ou zéro carbone comme euphémisme de nucléaire) ou via un fournisseur de ces énergies,
  • Développer le recyclage, voire la ré-utilisation de leurs déchets,
  • Récupérer leurs eaux pluviales ou de procédés (lavage, traitements, etc.),
  • Investir dans l’éclairage intelligent, utiliser des lumières basse consommation, changer les ampoules de leur site en LED, installer des détecteurs de présence, limiter l’éclairage inutile, penser à la luminosité des écrans, aux veilleuses des appareils (ordinateurs, imprimantes, machines à café, etc.), et, d’une manière générale, faire la « chasse au Gaspi »,
  • Employer chauffage et climatisation de manière « intelligente», utiliser l’aération naturelle (ouvrir les fenêtres), fermer les volets la nuit, baisser les réglages de nuit,
  • Lutter contre l’obsolescence programmée (prolonger l’utilisation d’équipements avant remplacement), favoriser don et recyclage plutôt que ferraille ou poubelle,

 

Certaines mesures sont des « petits gestes » comme par exemple, au bureau :

  • diminuer les impressions inutiles,
  • recycler en brouillon le papier,
  • éviter les produits jetables à la machine à café.
  • éviter les pièces jointes volumineuses dans les courriels,
  • préférer le partage via le cloud (quand c’est possible),
  • ne mettre en copie des emails que les personnes concerné
  • limiter les requêtes systématiques sur les moteurs de recherche quand l’URL du site recherché est connu, limiter les onglets ouverts à ceux qui sont utiles dans l’instant

 

D’autres gestes sont bien plus significatifs, comme le fait de repenser – quand c’est possible – le transport du personnel ou les livraisons :

  • favoriser le télétravail, le co-voiturage, les vidéoconférences, limiter les déplacements à l’essentiel, etc.
  • faire partie de plates-formes de regroupement des approvisionnements ou des livraisons

 

Enfin, pour les grands groupes tertiaires et de bureaux, privilégier l’hébergement des serveurs à proximité de l’entreprise, pour diminuer la distance parcourue par les données et la consommation d’énergie induite, a un impact important.

 

Pour en savoir plus sur les actions à mener dans les entreprises en faveur de la neutralité carbone et de l’environnement, retrouvez nos articles sur le blog de Valoxy :

 

neutralité carbone

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