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Le titre-restaurant
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Le titre-restaurant

Le titre-restaurant (aussi appelé « ticket restaurant »*) est une participation de l’employeur au frais de repas engagés par les salariés de l’entreprise pendant leur temps de travail. Exonéré de cotisations sociales, il représente sur l’année un complément de salaire non négligeable, et n’est pas assujetti à l’IRPP (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques).

Valoxy fait le point sur les règles qui régissent son utilisation.

En principe, le titre-restaurant  devrait être considéré comme un avantage en nature et être soumis aux cotisations sociales au même titre que le salaire. Il bénéficie cependant, sous certaines conditions, d’une réglementation particulière, et il est exonéré de cotisations sociales si :

  • la participation de l’employeur est comprise entre 50 et 60% de la valeur du titre,
  • la participation de l’employeur est inférieure à 5,43 euros pour 2018. La valeur nominale du titre-restaurant est donc de 10,86 € si la participation de l’employeur est de 50%, et de 9,05 € si la participation de l’employeur est de 60%.
  • ils ne sont utilisés que pendant les jours travaillés par le salarié.

Dans le cas contraire, ils peuvent être considérés comme avantage en nature, et soumis aux cotisations sociales. En cas de contrôle fiscal, ils seront requalifiés et feront l’objet d’un redressement qui portera sur la fraction des cotisations et des contributions indûment exonérées. En cas de mauvaise foi de l’employeur, la totalité de la participation patronale pourra être réintégrée dans l’assiette des cotisations.

S’il n’existait que sous la forme « papier » jusque 2014, le titre-restaurant est maintenant également disponible sous forme dématérialisée. Il s’agit d’une carte à puce, personnelle et nominative, avec un code à 4 chiffres, rechargeable mensuellement par l’employeur, et valable 3 ans. Les transactions se font au travers des terminaux  de paiement habituels utilisés pour les cartes bancaires.

Cette possibilité ne supprime pas, pour les entreprises, la faculté de conserver le format papier.

Les règles d’attribution des titres-restaurant

Le Code du travail précise que les titres-restaurant peuvent être attribués par l’employeur à tous les salariés qui justifient de prendre un repas pendant leur temps de travail, et ce, qu’ils soient en CDI, CDD, intérimaires, en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Les salariés à temps partiel peuvent aussi en bénéficier si leur horaire de travail est entrecoupé d’une pause repas.

L’administration fiscale a cependant précisé que « le personnel, dont les horaires de travail ne recouvrent pas l’interruption utilisée habituellement pour prendre un repas, ne peut prétendre aux titres-restaurant ». Ainsi le salarié qui termine son travail quotidien en fin de matinée ou qui le commence en début d’après-midi n’y a pas droit.

Par ailleurs, depuis le 30 septembre 2014, l’absence d’un contrat de travail ne s’oppose plus à leur  bénéfice. Il convient cependant d’être affilié au régime général de la Sécurité Sociale. Certains dirigeants, comme les présidents, DG et gérants minoritaires peuvent ainsi en bénéficier, tout comme leurs salariés, mais les gérants majoritaires restent exclus du dispositif.

 

L’attribution de titres-restaurant doit respecter des règles strictes, notamment en ce qui concerne leurs bénéficiaires, le nombre et le type de repas :

  • Les titres sont nominatifs (le nom du salarié doit être mentionné au recto des titres papier remis). Seuls les salariés à qui ils ont été remis peuvent les utiliser.
  • 1 (un) titre restaurant est octroyé par jour de présence effective du salarié à son poste. Les jours d’absence (congés, formation, RTT, maladie), mais aussi les jours non travaillés ( samedis, dimanches et jours fériés) diminuent le nombre de titres attribués au salarié. De plus, il est nécessaire de respecter le plafond de 220 titres par salarié et par an.
  • Ils servent, les jours de travail et exclusivement ces jours là, à régler un repas au restaurant (restauration traditionnelle ou rapide, ou livraison), une préparation alimentaire directement consommable (sandwiches, plats cuisinés frais, en conserve ou surgelés, et salades préparées), achat de produits alimentaires (légumes, etc.), mais pas une boisson toute seule, par exemple.
  • Depuis fin octobre 2016, les produits éligibles sont automatiquement reconnus par un nouveau système monétique dans les supermarchés, et le titre-restaurant ne peut servir que pour les articles indiqués.

Les règles d’utilisation des titres-restaurant

Le salarié ne peut utiliser ses titres-restaurant que dans la limite de 19 € par jour, et les restaurateurs ne sont pas tenus de rendre la monnaie lorsqu’il s’agit d’un titre papier. S’il s’agit d’un titre dématérialisé, la somme exacte sera débitée.

Un titre-restaurant doit être utilisé uniquement au cours d’une journée de travail, mais les salariés travaillant les dimanches et jours fériés ont exceptionnellement le droit de l’utiliser.

Les titres-restaurant sont utilisables durant l’année de leur émission, jusqu’au 31 Janvier de l’année suivante s’il s’agit de titres papier, et jusqu’au 28 février pour les titres dématérialisés.

Les titres papier expirés peuvent être échangés – via l’entreprise – jusqu’au 15 mars contre des titres de la nouvelle année (jusqu’au 31 mars s’il s’agit de titres dématérialisés).

L’utilisation des titres papier est souvent limitée au département de l’entreprise, voire à un département limitrophe (sauf pour les salariés qui se déplacent sur de longues distances). Le titre dématérialisé, lui, est valable dans la France entière.

Les autres avantages du titre dématérialisé :

  • Il permet à l’utilisateur d’être facturé au centime près.
  • En cas de perte ou de vol de la carte, il est possible de faire opposition de la carte 24h/24h et de faire rééditer une nouvelle carte, alors qu’en format papier, la perte ou le vol représente toujours une perte sèche pour le salarié.
  • Les restaurateurs sont remboursés en 48 heures contre 1 mois auparavant (gain de trésorerie). Une simplification des procédures administratives et une baisse des frais de fonctionnement pour les restaurateurs sont aussi attendues. En effet, les frais prélevés aux commerçants et restaurateurs pour le remboursement de la contre-valeur des titres-restaurant « papier » qu’ils encaissent sont très élevés.

Les inconvénients du titre dématérialisé

Au contraire d’un titre « papier », une carte à puce laisse des traces, et facilite le contrôle de l’administration sur l’utilisation des titres-restaurant. Par exemple, il n’est plus possible de payer avec des titres restaurant les jours où on ne travaille pas comme le dimanche ou les jours fériés (puisque le contrôle est grandement facilité), et la « tolérance » des commerçants pour acheter d’autres produits que les produits strictement prévus devient impossible. De même, le ticket n’est plus cessible à son conjoint, ses enfants ou toute autre personne.

Pour plus d’informations sur les titres restaurant, retrouvez nos articles sur le blog Valoxy :

(*)« Ticket Restaurant » est une marque commerciale (longtemps propriété du groupe Accor), et il est préférable d’utiliser le terme de « titre-restaurant », ou « chèque repas ». Utiliser le nom de marque est un abus de langage, même s’il est  pratiquement devenu un nom générique, comme « Frigidaire », « Scotch », « Kleenex » ou « Mobylette ».

Le titre-restaurant

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